Non, je ne suis pas partie en Alsace ces derniers temps, je parle de la cigogne qui apporte un magnifique baluchon plein de bonheur.
Oui, je veux parler de bébé. Ca y est, vous pensez qu’on a remis ça ? non, pas encore, on va attendre de profiter de Malone, même si l’envie du 2ème est déjà présente aussi bien
pour l’un que pour l’autre. Et puis il faut que je travaille un peu là où je suis quand même !! (petit rappel, j’ai été embauché en cdi le 1er Avril, enceinte le 11 Avril, en
arrête fin Octobre, alors je me vois mal repartir en congé mat tous les 6 mois !)
Je vais faire un petit retour en arrière pour moi. Nous avons voulu nous
lancé dans cette magnifique aventure qu’est la procréation 2 jours après notre mariage.
C’était le soir de notre nuit de noce officielle, donc le lundi qui a suivi notre mariage. Nous voilà à discuter de tout et de rien au
resto, et tout particulièrement de notre vie à 2. Je ne sais plus comment cela est venu sur le tapis (c’est une expression, nous ne sommes pas dans la chambre, donc pas de tapis, et un peu de
tenue dans le resto, s’il vous plait !), mais nous avons parlé du fait de faire un bébé. Nous en avions tous les 2 envie, sans se l’avouer car avec mes études, nous ne pensions pas que
c’était le bon moment. Et puis zut, il faut arrêter de laisser notre vie être guidée par les études !! S’il faut reporter une année pour grossesse, c’est pas grave, maintenant que je suis
entrée dans l’école, j’en sortirai diplômée, même si il me faut un an de plus ! Alors nous nous décidons, nous allons essayer de faire un bébé. Ca tombe bien, le soir même je finissais ma
plaquette de pilule. Je ne l’ai plus reprise. C’était donc le 23 Août 2004, soit 2 jours après notre mariage.
Petit bilan un an après : des cycles TRES irréguliers, environ tous les 6 mois… ok, ça peut être un avantage car au moins, ça ne
m’incommode pas souvent ! Mais bon, bizarre quand même !
Puis pendant quelques mois, nous avons fait attention pour ne pas que je sois sur le point d’accoucher le jour de mon exam ! Je
ne sais pas si les examens peuvent se faire à la maternité, bien que ça puisse être sympa !!
Nous voilà en 2006, exam passé, diplôme obtenu. Je commence à faire des remplacements. J’ai toujours des cycles irréguliers mais un
peu plus court (chouette !!). Je commence à prendre ce projet un peu plus au sérieux. Je prends des plantes qui m’aident à avoir des cycles plus réguliers. A part me couter plus cher en
protection périodique, ça n’a pas fait grand-chose. Alors au bout d’un moment, j’en ai marre d’attendre et de commencer à avoir un petit pincement à chaque fois que je vois mes espoirs s’envoler.
J’appelle la gyénco pour prendre rdv. 6 mois de délai (bon, on n’est pas à 6 mois près, mais quand même !!) rdv le 11 septembre 2007 (est-ce un signe ???). Petit bilan hormonal, examen,
et là, elle découvre que je suis ce qu’on appelle OMPK, j’ai des Ovaires Micro PolyKystiques. Du coup, mes ovaires n’ovulent presque jamais, et quand ils ovulent, ils ovulent mal !!
Et bien, voilà, le verdict est posé. Je comprends mieux l’anarchie de mes cycles !! Il va falloir prendre un
traitement pour avoir un bébé. Je ne connaitrais jamais ce que c’est que de ne pas tout calculer.
A partir de là, j’ai eut différents sentiments. Déjà, j’ai eut un peu un sentiment d’injustice qui m’est venue. Pourquoi moi qui en
veut, je n’en ai pas, alors que d’autres qui n’en veulent pas en ont. Mais bon, ça m’est vite passé ça, c’est comme ça, il ne faut pas envier les autres. De plus que ce n’est pas plus simple
d’avoir un enfant qu’on n’attend pas. Ensuite, j’ai eut un sentiment d’être « différente », je n’étais pas comme tout le monde, à laisser faire les choses, à pouvoir avoir un bébé comme
ça, simplement. Un soir de colère, j’ai sorti à Cédric : « Tu te rends compte que je n’arrive même pas à te faire un enfant ?! ». Ce n’est pas facile à porter ce poids de la
culpabilité.
Enfin, ce que j’en ai retenu surtout, c’est qu’on n’a pas forcement un enfant comme ça, comme on veut. C’est un don du ciel, une
chance que certaines ne connaissent malheureusement pas. On ne se rend pas forcement compte à quel point c’est une chance.
J’ai eut donc besoin de traitement, au départ des cachets, qui n’ont pas marché puis des injections. Une injection par jour puis une
piqure pour déclencher l’ovulation, puis un rapport à une heure bien précise (à 6h30 du matin un jeudi pour nous).
Les gens qui ne connaissent pas ce que c’est nous disait : « il faut prendre du recul, ne pas y penser, sinon, ça ne
marchera pas ! » « Vous y pensez trop, vous faites un blocage ». Alors je répondais : « comment on fait pour ne pas y penser quand on a une injection à faire à heure
fixe, qu’on voit la gynéco tous les 3 jours, qu’on a une prise de sang tous les 2 jours ??? Comment je fais pour oublier ?????? Ca fait partie de ma vie, de mon
quotidien ! »
Et puis il y a eut le jour J. Au bout du 2ème cycle de piqures, j’ai eut mon ++++ !!!! Et là, on profite
de chaque instant. Je n’ai jamais été aussi heureuse d’être malade tous les matins. On a souvent pris des fous rires avec Cédric lorsque je vomissais parce qu’on savait pourquoi. Oui, ce n’est
pas agréable, et alors ??? Oui, je suis fatiguée, et alors ??? J’ai un petit être qui grandit en moi, ça n’en vaut pas le coup de supporter tout ça ? Combien de personne
rêverai d’être malade comme je suis ? N’est ce pas la plus belle maladie qui existe ?
Voilà, j’ai parlé de moi, mais il y a de nombreuses personnes qui ont des soucis bien plus importants que les miens. Lorsque j’ai
appris mes soucis, j’ai eut besoin d’aller parler sur internet avec des filles qui avaient le même traitement que moi. Ca me rassurait d’en parler librement, de poser des questions, de vivre la
même chose que d’autre. On se sent moins « différents ». Et puis on se soutient. Je suis tombée sur des chouettes filles qui m’ont beaucoup aidé. Quasiment quotidiennement, on venait
écrire nos sentiments, où nous en étions, nos résultats de prise de sang, de rdv de gynéco. Puis nous parlions de nos espoirs, de nos tests de grossesses, de nos déceptions. Et c’était reparti
pour un tour, on se soutenait. Et puis j’ai commencé à ouvrir le bal avec mon ++, puis d’autres ont suivis.
Sur ce site, je me suis fais des copinautes, des personnes que je ne connais pas physiquement mais avec qui j’aime parler. Et puis il
y a une personne que j’affectionne particulièrement. Je ne sais pas si ça se dit, mais moi, je vais l’inventer, c’est plus qu’une copinaute, c’est une aminaute. Je ne serai l’expliquer, mais je
pense qu’elle a souvent su trouver les mots qui m’ont touchés. Cette personne a eut le même traitement que moi, pour les mêmes problèmes. Sauf que là où ça à marché pour moi, ça a échoué pour
elle. Il a alors fallu qu’elle franchisse une nouvelle étape. Elle a fait des IAC (Insémination Artificielle Contrôlée). Elles ont malheureusement toutes échoués. Ils n’expliquent pas pourquoi ça
ne fonctionne pas. Et là, du coup, elle passe encore à l’étape supérieure, les FIV (Fécondation In Vitro). Elle va bientôt faire la 1ère.
Ca fait maintenant plus d’un an que j’ai fait sa connaissance. De mon côté, j’ai vécu une grossesse, une naissance, et maintenant je
vois grandir mon fils. Elle, de son côté, a des déceptions chaque mois, se fatigue à suivre tous ces traitements, connait des souffrances physiques pour pouvoir essayer de donner la vie. Malgré
tout cela, elle continu à suivre mon évolution, à se soucier de mon fils. De mon côté, j’essaye de continuer à me montrer présente et de la soutenir à chaque étape difficile comme elle a pu le
faire pour moi il y a plus d’un an. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur son parcours, n’hésitez pas à lire son blog : http://nidacigognes.over-blog.com/
Zazouille, je continu à être là, même si ce n’est que par quelques écrits, et je suis sure qu’une jolie grossesse arrivera
bientôt ! En tout cas tu le mérites car tu as une force incroyable et un sacré courage !
Bref, tout ça pour dire que donner la vie est la plus belle chose qui puisse exister au monde, c’est quelque chose de merveilleux,
mais que malheureusement tout le monde n’arrive pas à connaitre aussi facilement que ça. Alors il faut parfois relativiser sur ce qui peut nous arriver car il y a des situations plus difficiles
que la notre. Je me dois de profiter de chaque instant que la procréation m’a offert car c’est une réelle chance qu’on a parfois tendance à oublier à cause de petits soucis insignifiants et
dérisoires.
Je parle de la chance de la grossesse, mais nous pouvons parler de la santé au sens large car tout le monde n’a pas la chance d’avoir
une santé à toute épreuve, j’ai des amies qui vivent des choses très difficiles, c’est à ce moment là qu’on se rend compte que ce n’est pas toujours chez les autres…
Désolée d’avoir été longue et un peu moralisatrice, mais je trouvais important de parler de tout ceci qui a fait partie de ma vie et
qui fera encore partie de ma vie et malheureusement de la vie de plus de gens que l’on ne pense.
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